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Affamés, enfermés… Enquête sur la maltraitance des chiens d’agents cynophiles

Des chiens affamés, maltraités, ou enfermés jour et nuit dans des coffres de voiture. Enquête sur la réalité d’animaux utilisés par certaines sociétés de surveillance peu scrupuleuses.

Ce sont souvent des aboiements venant d’une voiture qui alertent rapporte Franceinfo. À l’intérieur, des chiens, enfermés dans des coffres ou dans des cages. Parfois même muselés, ils ne peuvent ni bouger ni boire. Ces chiens appartiennent à des vigiles qui servent à surveiller des chantiers, des parkings ou des gares, et se retrouvent parfois maltraités par leur propre maître. Les premiers à dénoncer ces faits sont ceux qui exercent correctement ce métier. Pour eux, le respect de l’animal en est la base.

En formation, de futurs agents considèrent tous leurs chiens comme des partenaires de travail et des compagnons de vie. “J’imagine un être humain enfermé dans un coffre et ne sortir que pour travailler, c’est un peu compliqué en fait. Ce sont des gens qui ne devraient pas exercer, ce sont des gens qui ne devraient pas avoir d’animaux en leur possession parce qu’ils n’aiment pas leur chien”, commente Élodie Rocha, agent cynophile en formation.

Un chien enfermé dans un coffre

Il arrive que les policiers tombent par hasard sur des cas de maltraitance. Dans un commissariat de région parisienne, la police vient d’arrêter un homme qui porte un tee-shirt bleu pour une infraction routière. Mais des aboiements provenaient de son coffre. Il accepte de l’ouvrir et sort d’abord un rottweiler. Le deuxième chien, lui, est enfermé dans une cage. Une association de protection animale a été appelée. Elle connaît l’individu, il travaille occasionnellement avec ses chiens comme vigile et elle affirme que ce coffre leur sert de niche.

“On est au minimum sur une privation de soin. Aujourd’hui, il faisait très chaud. Tout est calfeutré. La chaleur, effectivement, on ne se rend pas compte à l’image, mais il y a une chaleur qui se dégage du véhicule, sachant que l’animal n’a donc pas d’eau à l’intérieur”, relève Arnauld Lhomme, membre d’Action Protection Animale.

Dix agents privés de licence en 2025

Le temps de l’enquête, les chiens sont emmenés dans un refuge. Chaque mois, cette association reçoit une cinquantaine de signalements pour des chiens de vigile maltraités. Nous avons montré des images à David Clavière, directeur du CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité), le gendarme de la profession. Il semble choqué du traitement de certains chiens.

“C’est évidemment inacceptable, quand on voit ça. Ce qu’il faut simplement, c’est leur retirer leurs cartes. Ils n’ont rien à faire dans la sécurité privée. Il faut renforcer notre réseau avec les associations de protection animale et les commissariats et les gendarmeries pour essayer, autant que possible, d’écarter ces gens-là”, réagit-il.

Le CNAPS a retiré leur licence à 10 agents cette année pour mauvais traitement. Pour Maya, une chienne de 10 ans, le calvaire est fini. Sauvée par une association, elle a retrouvé confiance en l’homme et peut enfin courir et jouer comme n’importe quel chien.

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